CHAPITRE 05 / 08

💶 Droit Fiscal

📊 Poids examen : moyen ⏱ ~45 min de lecture · 2 h avec les exercices 📚 Code général des impôts 📥 Version PDF

1. Panorama des impôts au programme

2. L'impôt sur le revenu : personnes imposables

3. Le domicile fiscal (art. 4 B CGI) ★

Art. 4 B CGI : sont considérées comme ayant leur domicile fiscal en France :
a) les personnes qui ont en France leur foyer ou le lieu de leur séjour principal ;
b) celles qui exercent en France une activité professionnelle, salariée ou non, à moins qu'elle ne soit accessoire ;
c) celles qui ont en France le centre de leurs intérêts économiques.
⚠️ Piège d'examen (2018) : « est domicilié fiscalement en France le contribuable présent plus de 6 mois dans l'année » — le critère légal est le foyer ou le séjour principal (la règle des 183 jours n'est qu'un indice du séjour principal) ; « activité professionnelle même accessoire » est FAUX (l'activité accessoire ne domicilie pas). Lisez chaque adjectif.
💡 Pour bien comprendre

En une phrase : le domicile fiscal détermine si un joueur paie ses impôts en France sur l'ensemble de ses revenus mondiaux ou seulement sur ce qu'il gagne en France — trois critères alternatifs suffisent (un seul suffit).

Exemple : Kylian Mbappé joue au Real Madrid mais sa famille (foyer) est à Paris → il pourrait être considéré domicilié fiscalement en France même s'il vit à Madrid (critère du foyer, art. 4 B a). Un joueur anglais recruté par l'OL exerce son activité principale en France → domicilié fiscalement en France dès l'arrivée (critère de l'activité professionnelle principale, art. 4 B b). Même s'il n'a joué que 4 mois dans l'année, si c'est son activité principale, ça suffit.

Petit récap : 3 critères alternatifs pour le domicile fiscal (art. 4 B) : foyer / séjour principal (≠ 183 jours) / activité pro principale (pas accessoire) / centre des intérêts économiques. Un seul suffit. Domicile fiscal en France = imposé sur revenus mondiaux.

4. Les catégories de revenus de l'IR

CatégorieContenuExemple sport
Traitements et salairesRevenus du travail subordonné + tous les avantages en natureSalaire du joueur, logement et voiture de fonction
BNC (bénéfices non commerciaux)Professions libérales et activités intellectuelles indépendantesAgent sportif exerçant en nom propre
BIC (bénéfices industriels et commerciaux)Activités commerciales, industrielles, artisanalesActivité de négoce, exploitation commerciale
Revenus mobiliersDividendes, intérêtsDividendes de la société de l'agent
Revenus du patrimoineSoumis aux prélèvements sociaux (CSG 9,2 %, CRDS 0,5 %, solidarité 7,5 %)Redevances d'image du sportif (L.222-2-10-1)
✅ À retenir (tombé en 2025) : les avantages en nature accordés au salarié sont toujours imposables (art. 82 CGI) — pas d'exception pour le logement, pas d'abattement de 50 %. Et les redevances d'exploitation d'image versées au sportif sont assujetties à l'IR et aux prélèvements sociaux sur les revenus du patrimoine (CSG 9,2 % + CRDS 0,5 % + solidarité 7,5 %).
💡 Pour bien comprendre

En une phrase : les revenus d'un agent sportif ou d'un joueur peuvent entrer dans des catégories très différentes selon la nature de l'activité — et l'erreur de catégorie est un piège fréquent à l'examen.

Exemple : un agent sportif exerce en libéral → BNC. S'il crée une SARL pour exercer son activité → IS + dividendes soumis au PFU (30 %). Un joueur perçoit en plus une redevance d'image (droit à l'image cédé à son club) → revenus du patrimoine (CSG 9,2 % + CRDS 0,5 % + solidarité 7,5 %). Enfin, la voiture de fonction mise à disposition = avantage en nature → toujours imposable dans la catégorie traitements et salaires, aucun abattement.

Petit récap : agent indépendant = BNC. Joueur salarié = traitements et salaires (+ avantages en nature toujours imposables). Dividendes = revenus mobiliers (PFU 30 %). Redevances d'image = revenus du patrimoine (prélèvements sociaux : 17,2 %). Revenus étrangers : conventions fiscales s'appliquent en priorité.

Focus : les revenus mobiliers (au programme officiel)

Dividendes et intérêts perçus par le sportif ou l'agent (par exemple les dividendes de la société de l'agent) sont imposés par défaut au prélèvement forfaitaire unique (PFU, « flat tax ») de 30 % : 12,8 % d'impôt sur le revenu + 17,2 % de prélèvements sociaux (art. 200 A CGI). Sur option globale, le contribuable peut préférer le barème progressif, avec abattement de 40 % sur les dividendes. Pour les revenus de source étrangère, les conventions fiscales répartissent le droit d'imposer et ouvrent généralement droit à un crédit d'impôt.

5. Les régimes spéciaux intéressant le sportif ★

Le régime de l'impatriation (art. 155 B CGI)

L'étalement des primes olympiques

Les primes versées par l'État aux médaillés olympiques et paralympiques peuvent, sur demande expresse et irrévocable, être réparties par parts égales sur 4 années (art. 163-0 A ter) — tombé en 2016.

Le lissage des revenus exceptionnels

Les sportifs peuvent bénéficier du système du quotient ou de la moyenne triennale pour atténuer la progressivité de l'IR sur des revenus irréguliers — logique de carrière courte.

💡 Pour bien comprendre

En une phrase : un joueur étranger qui arrive en France bénéficie d'une exonération de 30 % sur son salaire pendant plusieurs années — à condition de ne jamais avoir vécu en France dans les 5 ans avant son arrivée.

Exemple : Carlos (joueur brésilien) signe à Lyon en 2024. Il n'a jamais habité en France (5 ans de non-domicile préalable ✓). Il peut demander l'exonération de 30 % de son salaire. Cette exonération dure jusqu'au 31 décembre 2032 (8e année civile suivant 2024). À l'examen 2018 on proposait 3 ans, 5 ans, 10 ans → toutes fausses : c'est jusqu'à la 8e année, ça peut donc faire 3 à 8 ans selon la date d'arrivée. Et les primes olympiques, elles, s'étalent sur 4 ans.

Petit récap : impatriation (art. 155 B) = 30 % d'exonération sur option, non-domicile 5 années civiles préalables, durée jusqu'à la 8e année civile. Primes olympiques = étalement 4 ans (art. 163-0 A ter). Revenus irréguliers = système du quotient ou moyenne triennale.

6. Le foyer fiscal et le rattachement

L'IR est calculé par foyer fiscal (contribuable, conjoint, personnes à charge). Une personne majeure peut demander son rattachement au foyer de ses parents (art. 6 CGI) si elle a :

⚠️ Piège d'examen (2020 et 2022) : « un sportif de 20 ans percevant une rémunération peut : déclarer seul / être rattaché au foyer de ses parents / être rattaché au foyer de ses beaux-parents s'il est marié » → toutes les réponses sont correctes. Le rattachement d'un jeune marié s'opère au foyer des parents de l'un des conjoints.

7. L'impôt sur les sociétés (IS)

8. La TVA

Champ d'application

Mécanisme

TVA collectée (sur les ventes) − TVA déductible (sur les achats) = TVA nette à reverser. L'assujettissement ouvre un droit à déduction — c'est son grand avantage.

Application sport : la billetterie

Depuis le 1er janvier 2015, les droits d'entrée des manifestations sportives sont soumis à la TVA au taux de 5,5 % (suppression de l'impôt sur les spectacles). Avantage pour le club organisateur : droit à déduction de la TVA d'amont et sortie (totale ou partielle) de la taxe sur les salaires — cas pratique 2015.

9. Micro-entreprise et CET

Le régime micro (art. 50-0 CGI)

La CET

Remplace la taxe professionnelle depuis 2010 : CFE (cotisation foncière des entreprises, assise sur la valeur locative des biens immobiliers) + CVAE (cotisation sur la valeur ajoutée, en cours de suppression progressive). Un agent sportif indépendant y est en principe assujetti.

10. Dons et mécénat

DonateurRéduction d'impôtPlafondTexte
Particulier66 % du don20 % du revenu imposable ; excédent reportable 5 ansArt. 200 CGI
Entreprise (IR ou IS)60 % du versement5 ‰ (pour mille) du chiffre d'affaires (ou 20 000 €)Art. 238 bis CGI
⚠️ Piège d'examen (2018 et 2019) : pour les entreprises c'est 60 % dans la limite de 5 pour mille (pas 66 %, pas 5 pour cent). Pour les particuliers, l'excédent au-delà de 20 % du revenu se reporte sur 5 ans.
💡 Pour bien comprendre

En une phrase : quand un club ou un agent fait un don à une asso sportive ou une fondation, il récupère 60 % de la somme donnée en réduction d'impôt — mais plafonnée à 5 pour mille (0,5 %) du chiffre d'affaires, pas 5 %.

Exemple : un agent sportif avec 200 000 € de CA fait un don de 20 000 € à la Fondation du Sport. Plafond mécénat entreprise = 5 ‰ × 200 000 € = 1 000 €. Réduction d'impôt = 60 % × 1 000 € = 600 € (et non 60 % × 20 000 € = 12 000 €). L'excédent de don peut s'imputer sur les 5 exercices suivants. Pour un particulier qui donne 1 000 € → 66 % de réduction = 660 € de moins sur son IR.

Petit récap : particulier → 66 %, plafond 20 % du revenu imposable, report 5 ans. Entreprise → 60 %, plafond 5 ‰ du CA (ou 20 000 €). Ne pas confondre 5 pour mille et 5 pour cent (erreur classique au QCM).

11. La fraude fiscale (art. 1741 CGI)

Constitue le délit de fraude fiscale le fait de se soustraire frauduleusement à l'établissement ou au paiement de l'impôt :

→ « Toutes les réponses sont correctes » aux QCM 2017 et 2024. Une condamnation pour ce délit constitue une incapacité d'obtenir la licence d'agent sportif (lien chapitre 4).

💡 Pour bien comprendre

En une phrase : la fraude fiscale est un délit pénal (pas seulement une amende) qui peut faire perdre la licence d'agent sportif — et plusieurs comportements distincts constituent ce même délit.

Exemple : un agent sportif qui omet volontairement de déclarer ses commissions perçues à l'étranger, qui dissimule des revenus via une société-écran, ou qui organise son insolvabilité pour échapper au fisc : les trois situations constituent la fraude fiscale (art. 1741 CGI). Aux QCM de 2017 et 2024, toutes les propositions (omission + dissimulation + obstacle au recouvrement) étaient correctes. Par ailleurs, une condamnation pour fraude fiscale bloque l'obtention de la licence d'agent sportif (incapacité légale, chap. 4).

Petit récap : fraude fiscale (art. 1741) = 3 formes : omission de déclaration / dissimulation de sommes / organisation d'insolvabilité. Toutes punissables. Conséquence pour l'agent sportif : incapacité d'exercer (licence refusée ou retirée). « Toutes les réponses sont correctes » est le réflexe pour ce QCM.

12. Tableau des chiffres clés du chapitre

NotionChiffreTexte
Impatriation : conditionNon-domicile en France 5 années précédentes ; option 30 % ; jusqu'à la 8e annéeArt. 155 B
Primes olympiquesÉtalement sur 4 ansArt. 163-0 A ter
Rattachement au foyer< 21 ans, ou < 25 ans étudiantArt. 6
Micro-entreprise (services)83 600 € HT (2026-2028)Art. 50-0
TVA billetterie sportive5,5 %
Dons particuliers / entreprises66 % (plafond 20 %, report 5 ans) / 60 % (5 ‰ CA)Art. 200 / 238 bis
Avantages en natureToujours imposablesArt. 82
Redevances d'image : prélèvementsCSG 9,2 % + CRDS 0,5 % + solidarité 7,5 %Instr. 2 juillet 2019
IS taux normal / réduit25 % / 15 % (≤ 42 500 €)Art. 219
Indemnités journalières ATImposables à 50 %Art. 81, 8°

🛠️ Cas pratique guidé

Un club français recrute un attaquant brésilien (jamais domicilié fiscalement en France) : salaire de 70 000 € bruts/mois, appartement et véhicule de fonction. Son agent, installé en libéral en France, a facturé 65 000 € HT de commissions cette année. Le joueur perçoit aussi des dividendes d'une société qu'il détient au Brésil.

Question 1. Le joueur devient-il domicilié fiscalement en France ?

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Réponse : Oui : il y aura son foyer et le lieu de son séjour principal, et y exerce son activité professionnelle à titre principal. Il sera imposable en France sur ses revenus mondiaux, sous réserve des conventions internationales.
Fondement : art. 4 B CGI

Question 2. Peut-il bénéficier d'un régime de faveur sur son salaire ?

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Réponse : Oui, le régime de l'impatriation : non domicilié en France les 5 années civiles précédentes, il peut être exonéré de la prime d'impatriation ou, sur option, de 30 % de sa rémunération, jusqu'au 31 décembre de la 8e année suivant sa prise de fonctions.
Fondement : art. 155 B CGI

Question 3. L'appartement et le véhicule de fonction sont-ils imposables ?

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Réponse : Oui. Les avantages en nature s'ajoutent au salaire imposable dans la catégorie traitements et salaires — sans exception ni abattement.
Fondement : art. 82 CGI

Question 4. Quel régime fiscal pour l'agent et ses 65 000 € de commissions ?

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Réponse : Activité libérale → BNC. Son chiffre d'affaires étant inférieur à 83 600 € (seuil 2026-2028), il peut relever du régime micro-BNC (abattement forfaitaire), ou opter pour la déclaration contrôlée.
Fondement : art. 50-0 et 102 ter CGI

Question 5. Comment seront imposés les dividendes brésiliens une fois le joueur domicilié en France ?

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Réponse : Comme des revenus mobiliers : par défaut au prélèvement forfaitaire unique de 30 % (12,8 % IR + 17,2 % prélèvements sociaux), sous réserve de la convention fiscale franco-brésilienne et d'un crédit d'impôt pour l'impôt retenu à la source.
Fondement : art. 200 A CGI ; convention fiscale applicable

✅ Check rapide — 3 QCM niveau examen

Questions issues des annales réelles, avec leurs distracteurs d'origine. Répondez avant d'ouvrir la correction.

1. Un entrepreneur exerçant une activité de prestations de services bénéficie du régime fiscal de la micro-entreprise lorsque son chiffre d'affaires annuel HT ne dépasse pas : (annales 2021 et 2024)

  • A. 15 000 €
  • B. 50 700 €
  • C. 83 600 €
  • D. 203 100 €
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Réponse : C. 77 700 € était le seuil en vigueur lors de cette annale (2021-2025, art. 50-0 CGI). Le seuil applicable en 2026-2028 est 83 600 €. D (203 100 € en 2026) est le seuil des activités de vente — distracteur systématique. Attention : ce seuil évolue chaque période ; vérifiez la valeur applicable l'année de votre examen.

2. Le régime de l'impatriation permet à un joueur recruté depuis l'étranger de ne pas soumettre à l'IR, sur option : (annales 2018 et 2022)

  • A. 30 % de sa rémunération, pendant 3 ans
  • B. 30 % de sa rémunération, pendant 5 ans
  • C. 30 % de sa rémunération, jusqu'au 31 décembre de la 8e année suivant la prise de fonctions
  • D. 50 % de sa rémunération, pendant 8 ans
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Réponse : C. Art. 155 B CGI : exonération de 30 % sur option, jusqu'à la 8e année, à condition de ne pas avoir été domicilié fiscalement en France les 5 années civiles précédentes. En 2018, les propositions « 3/5/10 ans » étaient toutes fausses : c'est la durée qui piège, pas le pourcentage.

3. Les dons consentis par une entreprise à un organisme d'intérêt général ouvrent droit à une réduction d'impôt : (annale 2018)

  • A. De 66 % dans la limite de 5 % du chiffre d'affaires
  • B. De 66 % dans la limite de 5 ‰ du chiffre d'affaires
  • C. De 60 % dans la limite de 5 % du chiffre d'affaires
  • D. De 60 % dans la limite de 5 ‰ du chiffre d'affaires
Voir la correction

Réponse : D. Entreprises : 60 % dans la limite de 5 pour mille (art. 238 bis CGI). Le double piège : 66 % est le taux des dons des particuliers (art. 200), et « pour cent » remplace « pour mille ». Lisez l'unité jusqu'au bout.

⚖️ Sources officielles — vérifiez chaque texte sur Légifrance : Code général des impôts.
🔔 Veille juridique : contenu aligné sur les corrections des sessions 2015-2025 de l’épreuve générale. Le droit évolue : avant l’examen, contrôlez la version en vigueur de chaque article cité. Les seuils (micro-entreprise, IS réduit) sont actualisés par les lois de finances : vérifiez la valeur de l’année de votre examen.

🧠 Mémo examen — 5 points à savoir par cœur

  • Domicile fiscal (art. 4 B) : foyer/séjour principal, activité professionnelle non accessoire, centre des intérêts économiques.
  • Impatriation : 30 % sur option, 5 ans de non-domicile préalable, jusqu'à la 8e année (155 B).
  • Micro : services 83 600 € / ventes 203 100 € (seuils 2026-2028) ; avantages en nature toujours imposables (art. 82).
  • Dons : particuliers 66 % (plafond 20 %, report 5 ans) / entreprises 60 % (5 ‰ du CA).
  • Revenus mobiliers : PFU 30 % ; primes olympiques étalables sur 4 ans.