CHAPITRE 07 / 08

🔐 Droit des Assurances

📊 Poids examen : moyen ⏱ ~45 min de lecture · 2 h avec les exercices 📚 Code des assurances + Code du sport 📥 Version PDF

1. Définitions fondamentales

💡 Pour bien comprendre

En une phrase : le contrat d'assurance, c'est l'échange d'une prime contre la promesse d'être indemnisé si un risque se réalise.

Exemple : un club sportif paie une prime annuelle de 3 000 € à son assureur. Un de ses joueurs blesse accidentellement un spectateur (sinistre). L'assureur verse l'indemnité à la victime. L'assuré (le club) a payé la prime, le souscripteur a signé le contrat, et la victime est le bénéficiaire — ces trois rôles peuvent être portés par des personnes différentes.

Petit récap : assuré ≠ souscripteur ≠ bénéficiaire. Prime = ce que vous payez ; sinistre = la catastrophe qui se réalise ; police = le document écrit du contrat. Clauses d'exclusion/nullité = doivent figurer en « caractères très apparents » (formule exacte à connaître).

✅ À retenir : les clauses des polices édictant des nullités, déchéances ou exclusions ne sont valables que si elles sont mentionnées en caractères très apparents (art. L.112-4) — tombé en 2023 (ni « gras et majuscule », ni « annexe » : la formule légale exacte est « caractères très apparents »).

2. Assurances de dommages / assurances de personnes ★

Assurances de dommagesAssurances de personnes
ObjetPatrimoine (biens, responsabilité)Personne humaine (vie, intégrité)
PrincipeIndemnitaire : réparation du préjudice réel, sans enrichissementForfaitaire : les sommes assurées sont fixées par le contrat (art. L.131-1)
ExemplesRC, multirisque, autoAssurance vie, individuelle accident
💡 Pour bien comprendre

En une phrase : l'assurance de dommages protège votre patrimoine (on répare la perte réelle), tandis que l'assurance de personnes verse un montant fixé à l'avance, peu importe le préjudice réel.

Exemple : un joueur se casse la jambe. Son assurance RC (de dommages) indemnise la victime adverse à hauteur du préjudice réel (5 000 €). Sa propre assurance individuelle accident (de personnes, forfaitaire) lui verse 20 000 € de capital invalidité prévu au contrat — même si son préjudice réel était moindre ou supérieur.

Petit récap : dommages = indemnitaire (réparation du préjudice réel, pas d'enrichissement) ; personnes = forfaitaire (sommes fixées au contrat, L.131-1). La nomenclature Dintilhac (réparation intégrale) s'applique en RC, PAS en individuelle accident.

⚠️ Piège d'examen (2025) : en matière d'« individuelle accident », le principe est la réparation dans la limite des garanties prévues par le contrat (logique forfaitaire) — PAS la réparation intégrale du préjudice, PAS la nomenclature Dintilhac. Garanties possibles : capital ou rente en cas d'invalidité permanente, indemnités journalières, capital décès (« toutes les réponses », tombé en 2017).

3. Les obligations de l'assuré (art. L.113-2) ★

  1. Payer la prime aux époques convenues ;
  2. Répondre exactement aux questions de l'assureur lors de la conclusion (formulaire de déclaration du risque) ;
  3. Déclarer en cours de contrat les circonstances nouvelles qui aggravent les risques ou en créent de nouveaux : par lettre recommandée (ou envoi recommandé électronique) dans un délai de 15 jours à partir du moment où l'assuré en a connaissance — tombé en 2022 et 2024 ;
  4. Déclarer le sinistre dès qu'il en a connaissance, dans le délai fixé par le contrat, qui ne peut être inférieur à 5 jours ouvrés (hors assurance vie ; 2 jours en cas de vol, 24 h pour mortalité du bétail) — tombé en 2016.
💡 Pour bien comprendre

En une phrase : l'assuré a 4 obligations légales envers son assureur — les délais précis tombent chaque année à l'examen.

Exemple : le président d'un club signe une nouvelle convention d'hébergement qui alourdit les risques → il a 15 jours pour le signaler à l'assureur par lettre recommandée. Si son local est cambriolé → il doit le déclarer dans les 2 jours ouvrés. S'il oublie de déclarer dans les délais contractuels (minimum 5 jours ouvrés), l'assureur peut réduire l'indemnité.

Petit récap : 4 obligations = payer la prime + répondre honnêtement + déclarer changements de risque (15 jours) + déclarer le sinistre (≥ 5 jours ouvrés, 2 jours si vol). Ces 4 délais tombent séparément à l'examen — ne pas les confondre.

4. Sanctions des déclarations inexactes

SituationSanctionTexte
Mauvaise foi (fausse déclaration intentionnelle)Nullité du contrat ; primes acquises à l'assureurL.113-8
Bonne foi, constatée avant sinistreMaintien du contrat avec surprime acceptée, ou résiliation 10 jours après notification avec restitution de la portion de primeL.113-9
Bonne foi, constatée après sinistreRéduction proportionnelle de l'indemnité (taux des primes payées / primes dues)L.113-9
💡 Pour bien comprendre

En une phrase : si vous mentez à votre assureur en souscrivant, les sanctions varient selon que c'était intentionnel (mauvaise foi) ou non.

Exemple : un club déclare 5 000 € d'équipements à assurer, mais en a pour 20 000 €. S'il l'a fait exprès → nullité du contrat (L.113-8), les primes versées restent à l'assureur. S'il l'a fait de bonne foi et que c'est découvert avant un sinistre → l'assureur peut proposer une surprime ou résilier (10 jours après notification). S'il est découvert après un sinistre → réduction proportionnelle de l'indemnité (ex. : 5000/20000 = 25 % de l'indemnité théorique).

Petit récap : mauvaise foi → nullité (L.113-8) ; bonne foi avant sinistre → surprime ou résiliation ; bonne foi après sinistre → réduction proportionnelle (L.113-9). La mauvaise foi = sanction maximale.

Tombé en 2018 : avant tout sinistre et sans mauvaise foi, l'assureur peut maintenir le contrat moyennant une augmentation de prime acceptée par l'assuré — pas de nullité, et la résiliation impose de restituer la portion de prime.

5. Garanties, exclusions, franchises

6. Durée et résiliation du contrat ★

7. L'assurance vie : la faculté de renonciation

Toute personne physique qui a signé une proposition ou un contrat d'assurance sur la vie d'une durée supérieure à 2 mois peut y renoncer par lettre recommandée avec avis de réception pendant 30 jours calendaires révolus à compter du moment où elle est informée de la conclusion (art. L.132-5-1) — tombé en 2015.

8. Les obligations d'assurance du Code du sport ★★

ObligationDébiteurTexte
Assurance RC obligatoire (l'association, ses préposés salariés ou bénévoles, les pratiquants ; licenciés = tiers entre eux)Associations, sociétés, fédérationsL.321-1
Sanction du défaut d'assurance : 6 mois + 7 500 €Responsable de l'associationL.321-2
Information des adhérents : intérêt d'une assurance de personnes (dommages corporels) + existence de garanties d'accompagnement juridique et psychologique pour les victimes de violences sexuelles, physiques et psychologiquesAssociations et fédérationsL.321-4
Assurance de personnes obligatoire au bénéfice des licenciés sportifs de haut niveauFédérations délégatairesL.321-4-1
Contrats collectifs : conclusion uniquement après appel à la concurrenceFédérations agrééesL.321-5
Adhésion simultanée licence + assurance : document mentionnant le prix, le caractère non obligatoire, la possibilité de garanties complémentaires + notice de l'assureurFédération proposant le contrat collectifL.321-6
💡 Pour bien comprendre

En une phrase : le Code du sport impose aux clubs, fédérations et sociétés sportives des obligations d'assurance précises, avec des sanctions pénales en cas de manquement.

Exemple : un club de judo amateur organise un tournoi sans souscrire d'assurance RC → le président du club risque 6 mois d'emprisonnement et 7 500 € d'amende (L.321-2). Les licenciés présents (joueurs adverses) sont considérés comme des tiers entre eux → ils ne peuvent pas se réclamer mutuellement sur la responsabilité du club, mais la couverture RC protège les tiers extérieurs.

Petit récap : RC obligatoire pour asso/sociétés/fédérations (L.321-1) ; sanction défaut = 6 mois + 7 500 € (L.321-2) ; information adhérents sur assurance de personnes (L.321-4) ; SHN = assurance de personnes obligatoire (L.321-4-1) ; contrats collectifs fédéraux → appel à la concurrence obligatoire (L.321-5).

Tout ce bloc a fait l'objet du cas pratique n°1 de l'épreuve 2022 — il faut le restituer par cœur.

Obligation des fédérations délégataires : garanties « individuelle-accident »

Les fédérations délégataires souscrivent des contrats d'assurance de personnes au bénéfice de leurs licenciés inscrits sur la liste des sportifs de haut niveau (et non de tous les licenciés) — piège tombé en 2016.

9. Tableau des chiffres clés du chapitre

NotionDélai / règleTexte
Déclaration des circonstances nouvelles15 jours (LRAR)L.113-2, 3°
Déclaration de sinistre≥ 5 jours ouvrés (2 jours vol)L.113-2, 4°
Résiliation annuelle par l'assuréPréavis 2 mois avant échéance, après 1 anL.113-12
Renonciation assurance vie30 jours calendairesL.132-5-1
Clauses d'exclusionCaractères très apparentsL.112-4
Fausse déclaration de mauvaise foiNullité du contratL.113-8
Assurance de personnesSommes fixées par le contrat (forfaitaire)L.131-1
Défaut d'assurance RC (association)6 mois + 7 500 €L.321-2 C. sport
Contrats collectifs fédérauxAppel à la concurrence obligatoireL.321-5 C. sport

🛠️ Cas pratique guidé

Une fédération délégataire négocie un contrat collectif d'assurance pour ses clubs et licenciés. Elle veut savoir comment le mettre en place, et ce qu'elle doit dire à ses adhérents lors de la prise de licence. (Cas pratique de l'annale 2022, restitué.)

Question 1. Quelles sont les deux obligations d'information de la fédération envers ses adhérents ?

Voir la correction type

Réponse : Informer de l'intérêt de souscrire une assurance de personnes couvrant les dommages corporels liés à la pratique, et de l'existence de garanties d'accompagnement juridique et psychologique (et de prise en charge des frais de procédure) pour les victimes de violences sexuelles, physiques et psychologiques.
Fondement : art. L.321-4 C. sport

Question 2. Quelle formalité précède obligatoirement la conclusion du contrat collectif ?

Voir la correction type

Réponse : Un appel à la concurrence.
Fondement : art. L.321-5 C. sport

Question 3. Que doit contenir la proposition d'adhésion simultanée licence + assurance ?

Voir la correction type

Réponse : Un document mentionnant le prix de l'adhésion, précisant qu'elle n'est pas obligatoire et que des garanties individuelles complémentaires peuvent être souscrites — accompagné de la notice de l'assureur.
Fondement : art. L.321-6 C. sport

Question 4. Quels licenciés bénéficient d'une assurance de personnes obligatoirement souscrite par la fédération ?

Voir la correction type

Réponse : Les licenciés inscrits sur la liste des sportifs de haut niveau (et non l'ensemble des licenciés) — pour les dommages corporels liés à leur pratique de haut niveau.
Fondement : art. L.321-4-1 C. sport

✅ Check rapide — 3 QCM niveau examen

Questions issues des annales réelles, avec leurs distracteurs d'origine. Répondez avant d'ouvrir la correction.

1. L'assuré doit déclarer à l'assureur les circonstances nouvelles qui aggravent les risques dans un délai de : (annales 2022 et 2024)

  • A. 5 jours à partir du moment où il en a eu connaissance
  • B. 10 jours à partir du moment où il en a eu connaissance
  • C. 15 jours à partir du moment où il en a eu connaissance
  • D. 30 jours à partir du moment où il en a eu connaissance
Voir la correction

Réponse : C. 15 jours, par lettre recommandée (art. L.113-2, 3° C. assur.). Le distracteur A (5 jours) correspond à la déclaration de sinistre — c'est exactement la confusion que cherche l'examen : circonstances nouvelles = 15 jours, sinistre = 5 jours ouvrés.

2. Les clauses d'une police d'assurance édictant des nullités, des déchéances ou des exclusions ne sont valables que si : (annale 2023)

  • A. Elles sont mentionnées en caractères très apparents
  • B. Elles sont mentionnées en gras et en majuscules
  • C. Elles sont reprises dans une annexe particulière au contrat
  • D. Elles sont signées séparément par l'assuré
Voir la correction

Réponse : A. La formule légale exacte est « caractères très apparents » (art. L.112-4 C. assur.). B paraphrase de façon plausible mais inexacte — l'examen teste le mot-à-mot du texte. Apprenez les formules légales telles quelles.

3. En matière d'assurance de personnes du type « individuelle accident », le principe d'indemnisation est : (annale 2025)

  • A. La réparation intégrale du préjudice
  • B. La réparation dans la limite des garanties prévues par le contrat
  • C. La réparation selon la nomenclature Dintilhac
  • D. Le doublement du préjudice en cas de faute de l'assureur
Voir la correction

Réponse : B. Les assurances de personnes obéissent au principe forfaitaire : les sommes sont fixées par le contrat (art. L.131-1). La « réparation intégrale » (A) est le principe de la responsabilité civile et des assurances de dommages — c'est le distracteur naturel.

⚖️ Sources officielles — vérifiez chaque texte sur Légifrance : Code des assurances · Code du sport.
🔔 Veille juridique : contenu aligné sur les corrections des sessions 2015-2025 de l’épreuve générale. Le droit évolue : avant l’examen, contrôlez la version en vigueur de chaque article cité.

🧠 Mémo examen — 5 points à savoir par cœur

  • Circonstances nouvelles : 15 jours (LRAR) / sinistre : ≥ 5 jours ouvrés (2 j si vol).
  • Résiliation annuelle : préavis 2 mois ; assurance vie : renonciation 30 jours.
  • Clauses d'exclusion : « caractères très apparents » (L.112-4), formelles et limitées.
  • Assurances de personnes = principe forfaitaire (sommes fixées au contrat, L.131-1).
  • Code du sport : RC obligatoire (L.321-1), défaut = 6 mois + 7 500 €, contrats collectifs après appel à la concurrence.